Bar à sensation. À Surveiller

C’est en l’an de disgrâce 1999 que j’ai commencé à me désoeuvrer avec assiduité dans les bars du territoire de l'Éco-quartier Saint-Jacques. Il faut dire que je demeure à deux pas de ce 2022 qui a pignon sur rue de la Visitation. Afin d’encourager l’ivrognerie locale, j’ai toujours aimé flotter comme une épave dans le houblon de son bocal. Mais dans tous ces hauts lieux de perdition, j’ai quand même une affection particulière pour le Cabaret Fun Spot situé non loin de mon lieu d’habitation. J’ai déjà fait un lancement de livre à cette vénérable institution. C’est un peu comme l’extension de mon salon.Depuis 2007, Parcs Vivants organise plusieurs activités dans les parcs à proximité de cette illustre enseigne. Je parle de Marcelle-Barthe, Judith-Jasmin, Charles-Mayer et des deux Victor-T.-Daubigny. Souvent ce sont des événements à grands déploiements comme les Cabarets ou des spectacles qui attirent des centaines de gens. Mais en cas de pluie on a l’option de déménager ces événements au Fun Spot avoisinant. Sinon de toute façon on se finit souvent nos soirées-là. Le maigre budget de Parcs Vivants ne nous permet pas de louer des petites toilettes bleues qui nécessiteraient des milliers de dollars supplémentaires par année. Mais grâce à une entente avec le Fun Spot les citoyens peuvent utiliser leurs toilettes durant nos activités. Mais avant d’accéder aux oubliettes du paradis ils doivent mentionner un mot de passe au barman Louis. Grenouille!

Je profite donc de cette tribune pour remercier chaleureusement toute l’équipe du Fun Spot. Sans eux on aurait l’air un peu niaiseux. Un gros MARCI en particulier à Louis qui nous foudroie de sa joie à chaque fois qu’il nous mitraille du feu nourri de son rire bien senti.

On ne se contera pas de pipes

Plusieurs élèves de classes en immersion française étaient présents dans le parc Monseigneur-Lartigue pour les deux éditions de Paroles de la terre d’Amérique. Ces nouveaux arrivants étaient venus tester leur habilité linguistique en écoutant des contes issus des traditions orales des premiers habitants qui ont peuplé notre vaste continent. On aurait pu entendre une mouche planer sur le LSD durant ces récits enivrants. Je ne veux pas vous conter d’histoire ce soir. Mais je trouve que c’est une bonne façon pour un immigrant de se familiariser avec la canne de bine de nos racines. De devenir des Pèlerins dans la Chasse-galerie de notre héritage. Vous avez ma parole qu’ils étaient attentifs aux légendes de ce territoire mirifique. Qu’ils portaient un regard admiratif sur ces deux conteuses émérites. Une belle rentrée en matière sur nos fières terres. Le conte est universel. Il est un calumet de paix qui réunit tous les peuples. Mettez ça dans votre pipe…

En plein cœur du transe-ville

Oh mon Dieu! Je me demandais en m’acheminant tranquillement dans le parc Monseigneur-Lartigue, comment je pourrais arriver à méditer dans un endroit aussi infernalement bruyant. L’immeuble à côté était en rénovation et profanait vulgairement des bruits de détonation. Mais heureusement c’était la fin de la journée et le chantier était sur le point de fermer. Mais durant la séance de méditation un gars de la construction est revenu chercher son coffre à outils avec son camion qui crachait du vieux boogie-woogie dans le tapis. En arrière-plan, je pouvais entendre les klaxons de la circulation dense de la rue Sherbrooke située à quelques mètres de distance. Y’a même eu à un moment incongru, un hurluberlu tout nu qui a crié des obscénités dans la rue. Mais le but de la médiation est justement de faire abstraction de toutes ces distractions. J’ai choisi de fermer les yeux et de concentrer le flot de mes pensées sur ma respiration de vieux saoulon.

Pendant mon recueillement, je n’arrivais toutefois pas à me sortir de la tête l’image que pouvait donner une dizaine de gens en transe à des passants stressés de retourner à la maison après une dure journée de travail d’esclaves pressés. Tout va vite à l’heure de pointe. C’est la folie tout autour pendant que des illuminés comme nous, décrochent et s’abandonnent loin des remous. Il ne faut pas chercher très loin la sérénité de licou. Les petits parcs du Centre-Sud représentent la paix au fond de nous.

Pirouette cacapouète

Je ne jongle pas cette fois-ci avec l’idée d’être un diabolo clownesque des mots. Je n’ai pas envie aujourd’hui de faire des figures de style acrobatique. Je refuse le casse-noisette des pirouettes de pouète. Je ne veux pas presser mon cerveau avec un prix citron sur ma Blais. Je sais pertinemment que je n’arriverais pas à la cheville des prouesses déséquilibristes enseignées durant cet atelier de cirque complètement Rabelais.Mais je peux quand même vous dire que le beau petit carré verdoyant au centre du parc Saint-Jacques se prête bien à un exercice (d’ivresse) de haute voltige. C’est vraiment chouette de voir des enfants et des parents faire des courbettes en famille pendant qu’un gentil petit monsieur doté d’une moustache tire-bouchon se donne des airs digne d’un personnage de La strada. Comme dans la télé série bonbon Candy, on s’amuse, on jongle, on rie, il n’y a pas de méchants et des gentils. Je me suis vraiment emballé à gesticuler avec mes longs bras d’échasses de maboule. Et dire que parfois dans ce parc certains jonglent plutôt avec l’idée de vouloir se geler comme des balles…

Je ne me joins pas à l’inutile désagréable

J’habite en arrière de la place où y’a eu les farces plates de Simon Paquet lors de sa soirée d’enfoiré inutile; l’imbécillité enfin expliquée. Je me demande c’est quelle guêpe qui l’a piqué pour qu’il choisisse de faire ça là? C’est un peu vidange comme choix le Marthe-Thierrysé. Le pire parc du secteur. C’était un show pourri comme les pommes qui se trouvaient à terre. En plus le gars y’a pas été gentil. Y’a pas été fin. En tout cas. J’ai porté plainte pour calomnie à l’endroit du Centre-Sud. On va arrêter de faire rire de nous autres. J’apporte des tomates pour le lancement de livre qu’il va faire dans quelques jours dans notre quartier. Du monde hautain comme lui on n’en veut pas en bas de la côte. Qu’il fasse la promotion de ses niaiseries ailleurs qu’ici…

Un citoyen mécontent.

Jamais on s’encarcane dans Campbell




Ma blonde souhaite s’éloigner des endroits de verdure bondés comme le parc Lafontaine. Elle veut profiter ce soir, d’un beau coin ensoleillé où elle pourra manger en paix loin d’une foule guindée avec sa vieille amie. Être distancé des grands espaces assis sur leurs Lauriers. Se détendre dans un bel environnement sans trop se la péter avec sa broue. Pique-niquer sans se faire achaler (je ne vous dis pas ici par qui ou par quoi). Elle veut profiter de la beauté de notre quartier négligé. Je lui crie sans hésiter de se rendre dans le parc Charles-S-Campbell de la rue Champlain. Que nous avons même un événement dans ce haut lieu demain…

Il faut dire que ce parc est vraiment mignon. Qu’il est bien entretenu et habité de toutes les façons. L’ensemble floral pourrait faire rougir de honte tous nos petits carrés d’abandon. Des ligues de pétanqueurs occupent et entretiennent ce terrain comme si c’était leur jardin. Des résidents discutent à tout moment de la pluie et du beau temps sur ses nombreux bancs. Des employés oeuvrant dans les communications ont de grandes discussions (ou pas) à l’heure des repas. Ce brin vert est l’exemple même de son appropriation par la population.Le lendemain midi, j’étais moi aussi dans ce parc à profiter du soleil gentil en compagnie des mélodies du duo swing jazz de Jonathan Charbonneau. Une foule bigarrée s’était massée autour du duo sur les tables et les bancs juste à côté. Le tout s’est fait naturellement tellement les musiciens se fondaient harmonieusement dans l’environnement. Un bel hasard de la journée pour bien des gens présents qui se sont transformés momentanément en des gitans libres et légers comme des plumes au vent. Avec ce duo swing jazz dans le parc Charles-S-Campbell, on arrive à se décoincer de la canne de conserve de la morosité. On sort toujours de notre carcan avec Parcs Vivants.

Être dans un Saloon de Cartoon

Mon histoire d’amour avec les Parcs Vivants a commencé le 26 juillet 2007 dans le légendaire parc Judith-Jasmin lors de l’événement Poésie incendiaire. Depuis ce soir, j’ai une affection particulière avec cet espace vert. Avec ses trois grosses pierres qui ressemblent étrangement à des menhirs, ce parc intime dégage quelque chose d’unique et de fantastique. C’est comme si on se transportait dans le désert d’un Far West rocheux. C’est comme si nous étions à toute vapeur en train de nous réchauffer habilement dans un Caloon Saloon chaleureux. La beauté de ce minuscule paysage, conjuguée avec la musique grandiose de ce groupe festif, me confirme qu’il n’est pas nécessaire d’avaler des milliers de kilomètres pour atteindre le nirvana. De rouler aussi loin que la ville de Seattle…L’incommensurable est juste à côté quand nous sommes en présence de la musique de Caloon Saloon. Tout est beau devant nous. On galope vers la joie en les écoutant. Avec eux on arrive à faire fi de cette histoire plutôt cowboy du pendu qu’on aurait retrouvé dans le parc. De toute façon Laurent Loison, notre décorateur attitré, a toujours lancé son lasso du côté des rayons de la vie. Suite à ce spectacle, Laurent a dégoté le contrat d’ornementer le Cheval Blanc lors du lancement du nouvel album de Caloon Saloon, le 14 septembre prochain dans ce bar du quartier. Les gars du groupe ont vraiment apprécié l’immensité de ses décors au cœur de nos petits parcs nationaux.

Fish and chip hop

Depuis les années 90, la grande famille du mouvement rap a sérieusement la côte auprès de nombreuses cohortes de jeunes. Cet empire du langage rythmé et poétique (rythm'n'poetry) n’est pourtant pas né d’hier. Il remonte bien avant l’époque désavouée de Vanilla Ice et de ses accoutrements loufoques. Avant même le Rap-à-Billy en 1983 de Francoeur et de sa belle Shirley… Lors de cet atelier Hip Hop dans le parc Charles-Mayer, les gars d’OPEN Mic Music se sont donnés comme devoir de rappeler l’histoire de cet important mouvement à la centaine de jeunes gens présents. Cet atelier éducatif estival était entrecoupé de prestations musicales. Ado ou pas, on tourne le dos aux questions quand il n’y a pas de viande autour de l’os de nos intérêts. Quand on n’arrive pas à ouvrir l’appétit de notre curiosité. Mais en ce beau midi cuisant, la grille était remplie d’un grandiose menu brûlant. On se pressait comme des citrons dans un banc de saumon de questions. La curiosité est un signe d’intelligence dit-on. Il ne faut pas prendre les jeunes pour des poissons. OPEN Mic Music n’est pas tombé dans le filet. Ils savent respecter ceux qui nagent encore dans la liberté du courant authentique de l’éveil. Ils ont peut-être réussi à sauver des flots (de la flotte des marines?), ceux qu’on tente de couler servilement dans la marée noire de la bêtise profonde de l’océan adulte...
Sébastien Blais

Joute d’échecs amicale

Quelques tables peintes par Pat Lamoureux aux pattes blanches, quelques échiquiers et adeptes, le temps et le vent. Tout est là pour créer une joute d’échecs amicale dans le parc Robert-Prévost. Une ambiance sereine mêlé de cellules grises en ébullition pour défier les plus amateurs au plus sérieux des joueurs d’échecs. Un vent frisquet nous grade éveillé et nous donne le goût de profiter des rayons du soleil du début d’août. Pour ceux qui ont été échecs et mat en quelques coups, n’auront qu’a bien se tenir la prochaine fois…
Karine Gagné

Où ça? Prés d’Ontario!

Bernard Adamus est venu souvent à nos événements en tant que spectateur, notamment au Cinéparc Martineau. Il aurait bien aimé participer au Cabaret le Centre-Sud du monde l’an dernier dans le cadre de Parcs Vivants. Pour différentes raisons, il n’a pas pu être présent ce soir-là.Mais il s’était promis de revenir. Vivre cette fois-ci l’envers du décor comme il l’a si bien dit. Le 30 juillet lors de son spectacle, le parc n’était pas assez grand pour contenir la foule en délire (comme sa chanson).Un gros merci d’ailleurs à Carmen Levasseur, contremaître dans l’arrondissement pour la division des parcs, d’avoir pu obtenir rapidement le feu vert pour barrer la rue Montcalm à la hauteur de Sherbrooke. Le parc débordait littéralement dans la rue. Il fallait voir tous ces gens chanter joyeusement Rue Ontario à quelques mètres de cette artère mythique. Une scène du vidéoclip La question à 100 piasses a d’ailleurs été tournée dans un pawn shop situé à deux pas du parc.Bernard a su s’entourer de musiciens chevronnés. Sa poésie sensible au quartier Centre-Sud est bien accompagnée musicalement.Un concert mémorable que les gens présents pourront se pavaner d’avoir assisté, pour citer Benoit notre collègue de l’Éco-quartier. Bernard m’a confié que c’était un de ses meilleurs dans les cent shows qu’il a donné depuis le début de l’année…B.S : Encore merci à Laurent. Les musiciens ont bien aimé jouer avec une canne à pêche au dessus de leurs têtes et un bocal accroché juste au bout. Les poissons ont nagé et dansé aux rythmes des chansons.
Sébastien Blais